Présentation du concert
Présentation du compositeur

Œuvres proposées au programme

Drumming a été écrit en 1971, après une longue année d’écriture qui faisait suite à son fameux « voyage africain » au début de l’année 1970. C’est une oeuvre charnière qui synthétise les acquis du compositeur autant qu’elle permet de pressentir ses orientations futures.

Par la diversité de ses timbres, la souplesse de ses procédés, sa structuration en quatre mouvements, sa longue fin, Drumming amorce le long chemin que suivra Reich vers une synthèse entre minimalisme et héritage classique où la modulation harmonique, les formes en arche, relèguent progressivement l’expérience minimaliste au rang de procédé rythmique.

L’oeuvre appartient encore, dans son profil général, à la série des processus graduels : métamorphoses progressives d’une situation musicale initiale, dont l’auditeur peut suivre pas à pas l’évolution.S’il est vrai, comme le note Sébastien Jean , que « l’usage exclusif et draconien du “gradual process” (déphasage ou augmentation) façonne une musique qui ne lance ou ne relève aucun défi mais s’offre à notre ouïe comme un simple objet de contemplation », il convient d’ajouter qu’une farouche insistance, un certain jusqu’au-boutisme dans l’application des processus, colore les jeunes pièces de Reich d’une allure de défi, précisément, qui n’est pas sans rappeler l’esthétique de John Cage : une manière anti-romantique d’évacuer des oeuvres toute trace de subjectivité d’auteur.

Comme toutes les pièces de Reich, Drumming fourmille de minuscules coups de théâtre, finement dosés, qui dramatisent le processus sans en altérer le flux : entrée d’un nouvel instrument, changements de tessitures, permutations mélodiques... et ce jusqu’à la fin du 4e mouvement, coda si typiquement reichienne : le processus a trouvé sa résolution, plus aucun événement ne viendra troubler le jeu inlassable des répétitions ­ et c’est le moment que le compositeur choisit pour réintroduire les voix et le dans un long piétinement crescendo, saturé de fréquences aigües (©Ictus).

L’œuvre la plus longue écrite par Steve Reich se divise en quatre parties, enchainées entre elles ou jouées séparément. La première, et jouée par 4 exécutants, sur 4 paires de bongos. La deuxième est écrite pour 3 marimbas (9 exécutants), et 2 voix de femmes. La troisième mélange les glockenspiels avec le sifflet et le piccolo. Enfin, la 4e partie regroupe tous les instruments et les voix.

Music for Pieces of Wood relève d'un simple désir de faire de la musique à partir des instruments les plus simples. Les claves, ou plutôt les cylindres de bois dur qui nous ont été choisis en raison de leurs hauteurs particulières (la, si, do dièse, ré dièse et un autre ré dièse à l'octave supérieure) et de la résonance de leur timbre. Ce morceau est l'un des plus bruyants jamais composés par Steve Reich, mais n'a recours à aucune forme d'amplification.

Sa structure rythmique repose entièrement sur le processus consistant à « bâtir » un rythme par la substitution de battements aux pauses, et comporte trois sections, chacune avec un motif de longueur différente de plus en plus bref.

Sextet : composé en 1984-85, Sextet a été commandé par le gouvernement français pour l’ensemble canadien Nexus, et créé à Paris en 1984. Sextet est écrit a l’origine pour 3 marimbas, 2 vibraphones, 2 grosses caisses, tam-tam, crotales, 2 pianos, 2 synthétiseurs, le tout joué par 6 musiciens.

Sextet, en 5 mouvements, est joué d’un seul trait. Les premiers et derniers mouvements sont rapides, les deuxièmes et quatrièmes sont modérés, le troisième est lent. On reconnaît ici le langage harmonique et rythmique utilisé dans son œuvre précédente, Desert Music. Les techniques de composition sont aussi parfois similaires a celles de Drumming, techniques influencées par la musique africaine, jouant sur l’ambiguïté de 12 battements divisés en 3 ou 4. Œuvre magnifique de Steve Reich, dans laquelle rythmes et harmonies ne peuvent laisser l’auditeur insensible, Sextet met à l’honneur la famille des claviers à percussion.