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Dossier de presse (document PDF de 481Kb)

Maillages Sonores : les oeuvres

Trois pièces pour quatre timbales de Luis Naón

pièce pour timbale solo, création mondiale, 10’, 2008
Commande du Centre International de Percussion de Genève
interprétée par Guillaume Lantonnet

Cette pièce est dédiée à Jean Geoffroy et Yves Brustaux.

« Cette œuvre est en filiation directe avec Obertura Urbana, concerto pour bandonéon et orchestre (Urbana 4) dont j’ai extrait la partie de timbale du premier mouvement. Celle-ci, devenue la première de ces trois pièces, a été le point de départ d’un nouveau travail.
Ces trois pièces constituent un voyage entre le rythme et le timbre à travers le glissando.
C’est une façon de passer du net au flou, de l’épique au tendre. De la surface imposante au noyau.
C’est un regard sur l’étiolement de l’énergie et du temps.
C’est une manière de mettre en cause l’assurance et de dévoiler l’intime.
Une mise en évidence progressive de la fragilité.Un diminuendo. »
Luis Naón

Luminar de Fernando Garnero

pour violon, contrebasse, hautbois, guitare et percussions, 2005, 16’
interprété par l’ensemble Vortex
création : le 8 décembre 2005, par l’ensemble Vortex.Haute Ecole de Musique de Genève (CH)

(in memoriam Alberto Jose Pendino et célébration de la naissance de Vittorio Pendino Garnero)

« Aucun texte n’accompagnait l’œuvre lors de sa création en décembre 2005. Les raisons de cette absence sont étroitement liées à sa genèse, la pièce étant un double hommage, pour une naissance et un décès.

Je m’efforce de restituer (en creux) le noyau du discours symbolique inscrit dans Luminar, une sorte de force centrifuge qui bascule le discours vers ce qui doit être caché. Une restitution de ce qui est forcé à disparaître (toujours avec violence), le grand Absent du discours du pouvoir.

Je retiens la force sémantique d'un mot resurgissant en moi, qui m'a suggéré une "façon", une écriture. Luminar ne contenait pas de programme, ainsi donc cette parole ne tente pas, à la façon de Debussy, de décrire, in fine, un objet. L'intention était de briser une manière mystique et structurelle de concevoir ce qui sonne ou se tait et qui procède par constructions et déductions. Ici, ni plan préalable, ni calculs des durées ni plans de processus.
J’ai voulu faire parler un geste archétypal de l'intérieur parce que pour moi la composition est un acte de violence, qui projette un dire intérieur hors de soi-même vers le monde extérieur. Je propose donc quelques "figures" qui sont des paradigmes du musical : un arpège pyramidal et son renversement, mordant dans le registre extrême, ou encore des gammes qui deviennent "signifiants".
Luminar écrit une polysémie musicale dans un langage autoréférentiel (dans un devenir langage) et propose la découverte de "façons" de réécrire l'effacement, l'autocommentaire, la répétition pure avec l'impossibilité de répéter une différence qui ne tente pas l'écart.
Aujourd'hui, que je cherche l'usine atypique, une conférence d'aveugles qui cherchent à balbutier avec leurs mains, ou comme Gérard Pesson, je cherche ce "braille sans sous-titres". 
Fernando Garnero

KA, II (urbana 7b), cinq poèmes musicaux de Luis Naón

nouvelle version adaptée pour l’ensemble Hic Et Nunc, pour deux saxophones, flûte, clarinette, percussions et dispositif électronique, création mondiale, 17’, 2008
Commande du Centre International de Percussion de Genève
Interprété par l’ensemble Hic Et Nunc

« La première version de Ka était écrite pour clarinette, cor, violon, violoncelle, percussion et deux synthétiseur en direct. Cette nouvelle version, transcrite uniquement pour des instruments à vent et la percussion reprend l’électronique « d’époque » (1994). La réécriture de l’œuvre conserve les proportions et le texte d’origine. Les cinq instruments acoustiques étaient à l’origine amplifiés et mis en espace. Dans cette nouvelle version, les instruments sont traités en temps réel, afin de tisser le lien entre l’acoustique d’aujourd’hui et la synthèse d’antan (constituée uniquement de modulation de fréquence). Cette « traduction » du texte original, spécialement réalisée pour l’ensemble Hic et Nunc, a été réalisée grâce au soutien du Centre International de Percussion de Genève.

Le Ka est une sorte de double qui possédait chaque individu dans l’Egypte ancienne.
Le Ka désigne la puissance de création de la divinité, mais aussi les forces de conservation qui animent l’ordre universel.

Pourquoi des poèmes musicaux? Pourquoi CINQ?
Une correspondance urbaine secrète se tisse aujourd’hui pour moi entre la lyrique, l’épique et la musique.
Point de narration. La rythmique et la métrique sont ici le reflet et le cœur d’une grammaire proche de la poésie pour mieux souligner l’émotion en surface à travers les métaphores musicales.
Le chiffre cinq a une longue histoire. Il est le principal ordinateur. Il organise et synthétise par nature. Pour les Mayas, il représentait le Dieu du Maïs, ce qui n’était pas sans importance, et pour le Japon ancien le chiffre cinq contenait les éléments: La terre, l’eau, le feu, l’air et l’espace.
Ces cinq poèmes peuvent être ouverts à l’aide d’un mot clé :
Le corps / Le souffle / La vibration / La bataille (celle qu’entend Borges dans le germanique ancien, langue riche en bruits d’épées) / Les profondeurs des contrastes. »
Luis Naón

Tintamarre de Claire-Mélanie Sinnhuber

pour flûte, hautbois, clarinette, deux saxophones, guitare, deux percussions, violon et contrebasse, création mondiale, 10’, 2008.
Commande du Centre International de Percussion de Genève
Interprété par les ensembles Hic Et Nunc et Vortex réunis

« Un éditeur littéraire qui m’interrogeait sur l’écriture de ma musique en vint après mes tentatives d’explications, à la conclusion suivante : « Somme toute, si j’ai bien compris, tous ces instruments pour lesquels vous allez écrire commencent par faire un tintamarre dans votre tête avant que vous ne trouviez une forme d’organisation qui découlera du travail en profondeur sur le matériau ». Je fus frappée par la formulation dont j’aurais moi-même été incapable.
C’est en hommage à cet homme et à la justesse de son regard que j’ai voulu appeler cette pièce ainsi.

L’effectif auquel je m’adresse, que je qualifierais volontiers de type « fanfare », me fait songer à celui de l’Histoire du soldat de Stravinsky , avec ses couleurs disparates et dépourvues de liant. Cela m’a immédiatement portée vers un imaginaire particulier : acide, gai et contrasté.
Le travail a consisté à chercher les points de fusion et de rupture dans l’association des timbres.
Et tout en poursuivant mon travail, situé sur la crête où le son naît et disparaît, j’ai aussi eu envie d’écrire ici pour les timbres des instruments dans leur frontalité, leur nudité. Et d’entendre ce que les sons « pleins » allaient avoir à dire -ou à contredire- aux sons « voilés ». Enfin c’est en rêvant aux trois notes circulaires et joyeuses du Giovinette che fatte all’amore  du Don Giovanni de Mozart que le tintamarre tournant et retournant sans cesse sur lui-même est devenu Tintamarre. »

Claire Mélanie Sinnhuber